Dates

À partir du 19 oct.

Du mardi au samedi à 21h
Le dimanche à 15h

DURÉE

1h45

TARIFS

À partir de 20 €

THÉÂTRE

L’AMANTE ANGLAISE

« C’est l’incuriosité qui est le mal mortel. » Marguerite Duras

Après le succès de son adaptation de Fin de Partie, Jacques Osinski s’empare à nouveau d’un grand classique, L’Amante anglaise de Marguerite Duras.

Servi par un trio de talents rares (Sandrine Bonnaire, Frédéric Leidgens et Grégoire Oestermann), ce thriller psychologique explore la personnalité énigmatique de Claire Lannes nous plongeant dans les méandres de l’âme humaine.

TARIFS

Cat. 1 : 42€
Cat. 2 : 32€
Cat. 3 : 20€

Tarif – 26ans : 10€ en cat. 2

Inscrit(e) au dispositif Pass Culture mis en place par les ministères de la Culture et de l’Éducation Nationale ? Vous pouvez également bénéficier d’un tarif à 10€ en cat.1 ou cat.2.  

Tarif Voisins (75018 et 75009) : 32€ en cat. 1

Tarif PMR : Des places sont réservées aux personnes à mobilité réduite. Pour bénéficier d’une place en cat. 1 au prix de la cat. 2 (ainsi que la personne qui vous accompagne), merci de contacter la billetterie au 01 46 06 49 24.

Tarif Groupe (+ 10 pers.) | CE : 32€ en cat. 1

Tarif Scolaire : 15€ en cat. 1 ou cat. 2

Pour toute demande de réservation (CE, GROUPE, SCOLAIRES), contactez : 

@ c.grillet@theatre-atelier.com

☎ 01 53 41 85 64 

DISTRIBUTION

De Marguerite Duras

Mise en scène Jacques Osinski

Avec Sandrine Bonnaire, Frédéric Leidgens et Grégoire Oestermann

Lumières Catherine Verheyde
Costumes Hélène Kritikos
Dramaturgie Marie Potonet

Photographie © Pierre Grosbois

PRODUCTION

Production Théâtre de l’Atelier – Compagnie L’Aurore Boréale

Coproductions Théâtre Montansier / Versailles – Châteauvallon-Liberté, scène nationale

AUTOUR DU SPECTACLE
Note d'intention

« Le metteur en scène est un parasite intelligent. Il n’est là que pour libérer certaines forces inconscientes.Les animateurs autoritaires cassent le texte, brisent le jeu et ne réussissent qu’à prouver qu’ils sont de grands animateurs, ce qui n’intéresse personne. » Claude Régy

S’inspirant d’un fait divers (le meurtre de son mari par Amélie Rabilloud, qui dépeça le cadavre et en évacua les morceaux un par un en les jetant depuis un pont dans différents trains), Marguerite Duras écrivit une première pièce les Viaducs de la Seine-et-Oise puis un roman L’Amante anglaise avant de transformer à nouveau le roman en pièce de théâtre. Elle en vint ainsi à trouver une forme nouvelle et radicale sans aucun décor ni costume. C’est le théâtre à l’état pur. Il s’agit de comprendre l’incomprenable.
Dans le fait divers, Amélie Rabilloud a tué un mari tyrannique. Dans la pièce de Duras, le mari reste bien vivant. C’est une cousine sourde et muette, Marie-Thérèse, que Claire Lannes assassine sans raison et l’on peut penser qu’en tuant la sourde muette, c’est tout ce qu’elle ne peut dire que Claire tue. Nous sommes dans un théâtre sans faire semblant d’être ailleurs. Noussommes dans un théâtre pour essayer de comprendre ce qu’un tribunal échoue à comprendre.

Trois voix, celles de L’Interrogateur, celle de Pierre Lannes, celle de Claire Lannes. Le premier à entrer en scène est Pierre. Une fois qu’il est apparu monte depuis le public la voix de l’interrogateur. Il est le passeur, celui qui, comme Duras elle-même, « cherche qui est cette femme ». Il interroge sans jamais juger, entièrement tendu dans la volonté de comprendre, d’être dans la tête de l’autre, avec une ferveur, un absolu presque
religieux.

Pour cela il va interroger Pierre tout d’abord, Pierre que Duras décrit dans une interview comme la quintessence du petit bourgeois haïssable mais qui existe tout de même, comme malgré la volonté de son autrice, Pierre qui répond avec matérialisme aux questions qu’on lui pose, puis Claire elle-même. Claire est de bonne volonté. Elle aussi cherche à comprendre. Mais elle ne sait expliquer.

Ce n’est pas un hasard, je crois, si j’arrive à Duras après avoir beaucoup arpenté l’oeuvre de Beckett. Ils ont en commun le questionnement sur la langue, un certain rapport de leurs personnages à l’attente et à l’enfermement dans un lieu aussi.
Lisant ces mots écrits en 1960 par Serge Young dans la Revue générale belge à propos des personnages de Duras, je ne peux m’empêcher de penser qu’ils pourraient s’appliquer aux personnages de Beckett : « Ils sont devant nous et ils parlent (…) Ils parlent, comme nous parlons, chacun pour soi et pour tous les autres, tantôt indifférents et tantôt soucieux de se faire entendre. (…) La langue à la fois familière et très élaborée qu’elle leur prête est le moyen de son art. (…) toutes les femmes, tous les hommes que Marguerite Duras met en scène, en situation, se servent de ce français « traduit du silence », de ce français à la fois ferme et balbutiant, approximatif, de cette approximation qui tient à l’irréfragable distance entre la langue et la vie. »

J’ai envie d’aborder Duras comme un classique qu’elle est désormais devenue. En m’attachant uniquement au texte.
C’est ce français « traduit du silence » que j’ai envie de chercher en mettant en scène L’Amante anglaise. C’est pour cela que j’ai demandé à Sandrine Bonnaire d’être une incarnation moderne de Claire Lannes, à la fois opaque et transparente. Elle connait cette intrication des mots et du silence qui fait qu’un comédien est juste.
À ses côtés, Frédéric Leidgens, qui fut Hamm dans ma précédente mise en scène, Fin de partie, sera l’interrogateur, celui qui « cherche » sans jamais juger, d’une manière presque « religieuse » comme le dit Duras, avec la seule volonté de comprendre ce qui n’est pas compréhensible, et Grégoire Oestermann dont j’aime la dangereuse douceur sera Pierre Lannes.

Dans une interview à Claude Sarraute pour Le Monde, Duras explique ainsi son titre :
« Il s’agit de la menthe anglaise, de la plante, ou , si vous préférez, de la chimie de la folie. Elle l’écrit avec l’apostrophe. Elle a tout désappris, y compris l’orthographe. »
Ce mot de chimie m’intéresse, « chimie de la folie », alchimie.
Et plus que la folie de Claire, la chimie des rapports des uns avec les autres, sur scène et dans la salle.
Comment en partant de tout autre chose (un fait divers) faire advenir le théâtre, au sens fort du terme, dans une sorte de révélation.

Dans la vraie vie, la vérité de Claire Lannes ne peut être entendue. Sur scène, on peut espérer la saisir, être au bord de celle-ci et presque pouvoir l’atteindre. Duras termine sa pièce sur ces mots de Claire : « Moi, à votre place, j’écouterais. Écoutez-moi… je vous en supplie… ». Et c’est comme une réponse à tout ce qui n’est pas exprimable dans la vraie vie. Au tribunal, on n’écoute pas. Au théâtre, si. Et c’est toute l’ambivalence de l’humanité que l’on peut alors saisir. Le théâtre est l’anti-tribunal.
C’est un lieu où l’on écoute, où l’on ne peut faire autrement qu’écouter, le silence et les mots qui achoppent. En écrivant L’Amante anglaise, c’est l’âme humaine que Duras replace au centre du théâtre.

Jacques Osinski

La presse en parle

DISTRIBUTION
JACQUES OSINSKI
Metteur en scène

Formé à l’Institut nomade de la mise en scène, Jacques Osinski fait ses débuts en mettant en scène La Faim de Knut Hamsun en 1995. Suivront entre autres, L’Ombre de Mart de Stig Dagerman (2002), Le Songe de Strindberg (2006) ; L’Usine de Magnus Dahlström (Théâtre du Rond-Point, 2007). Dès 2006, il aborde l’opéra et met  en scène Didon et Enée de Purcell sous la direction musicale de Kenneth Weiss au Festival d’Aix-en-Provence.

Son parcours se nourrira dès lors d’une alternance entre théâtre et musique. Parmi ses mises en scène, on peut ainsi citer, au théâtre  : Woyzeck de Georg Büchner (MC2 :Grenoble, TNS, 2009), Orage de Strindberg, Medealand de Sara Stridsberg, L’Avare de Molière,  Lenz de Georg Büchner (Théâtre Nanterre-Amandiers).

En 2017, avec Cap au pire, il entame un cycle autour de l’œuvre de Samuel Beckett. Suivront, toujours avec le comédien Denis Lavant  La dernière bande et L’Image (Athénée, Théâtre des Halles, Châteauvallon-Liberté…). Dans le domaine musical : Histoire du soldat, direction musicale Marc Minkowski, chorégraphie Jean-Claude Gallotta (MC2 :Grenoble, Opéra Comique, 2012), Tancredi de Rossini (Théâtre des Champs-Elysées, direction musicale Enrique Mazzola), Lohengrin de Salvatore Sciarrino (direction musicale Maxime Pascal) et dernièrement Into the little hill de George Benjamin et Martin Crimp, (2018, Athénée-Théâtre Louis Jouvet-Opéra de Lille), Words and music de Samuel Beckett, musique de Pedro Garcia Velasquez, Les sept péchés capitaux (2021) sous la direction musicale Benjamin Lévy, Cosmos de Fernando Fiszbein (B !ME, Théâtre de l’Atelier), Violet de Tom Coult sous la direction de Bianca Chillemi (Festival Bruit-Théâtre de l’Aquarium, Scène de recherche ENS-Paris Saclay)…

En juillet 2022, il met en scène Fin de partie de Samuel Beckett au Théâtre des Halles (Avignon) et au Théâtre de l’Atelier. Le spectacle reçoit le prix Laurent Terzieff du Meilleur spectacle dans un Théâtre privé.

De 2008 à 2013, Jacques Osinski a dirigé le Centre dramatique national des Alpes.

Il a reçu le prix Gabriel Dussurget en 2007 au Festival d’Aix-en-Provence.

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