Dates

Du 24 sept. au 15 nov. 2026
Du jeu. au sam. à 19h
Le dim. à 15h

Durée

1h30

Tarifs

À partir de 20 €

Théâtre

4.48 PSYCHOSE

“Ouvrez les rideaux, s’il vous plaît.”
Sarah Kane

Après le succès de L’Amante anglaise de Marguerite Duras en 2024, Jacques Osinski et Sandrine Bonnaire se retrouvent pour s’emparer de l’ultime œuvre de Sarah Kane, véritable séisme dans l’histoire du théâtre contemporain. Dans ce texte testamentaire d’une force inouïe, l’autrice livre à travers ce chant d’amour, toute sa soif de vie, sa quête absolue de beauté.
Plus de vingt ans après sa création en France, 4.48 Psychose renaît dans une nouvelle traduction de Vanasay Khamphommala.

TARIFS

Cat. 1 : 45 €
Cat. 2 :
35 €
Cat. 3 :
20 €
Tarif – 26 ans :
12 € en cat. 2

ATTENTION, le tarif -26 ans est accessible sous réserve des places disponibles.

Inscrit(e) au dispositif Pass Culture mis en place par les ministères de la Culture et de l’Éducation Nationale ? Vous pouvez également bénéficier d’un tarif à 15 €

Tarif Voisins (75018 et 75009) :
35 € en cat. 1

Tarif PMR : Des places sont réservées aux personnes à mobilité réduite. Pour bénéficier d’une place en cat. 1 au prix de la cat. 2 (ainsi que la personne qui vous accompagne), merci de contacter la billetterie au 01 46 06 49 24.

Tarif Groupe (+ 10 pers.) | CE :
35 € en cat. 1

Tarif Scolaire : 15 € en cat. 1 ou cat. 2

Pour toute demande de réservation
(CE, GROUPE, SCOLAIRES), contactez :
☎ 01 53 41 85 64
billetterie@theatre-atelier.com

MENTIONS

De Sarah Kane
Traduction Vanasay Khamphommala
© L’Arche Éditeur
Mise en scène Jacques Osinski
Avec Sandrine Bonnaire
Et avec la participation à l’écran
Frédéric Leidgens

Scénographie – Vidéo Yann Chapotel
Lumières Catherine Verheyde
Dramaturgie Marie Potonet

Administration Adèle Maugendreadele@lauroeboreale.fr

Diffusion Evelyne Jacquier – evelyne.jacquier@lauroreboreale.fr

Production Compagnie L’Aurore Boréale
Coproduction Théâtre des Halles, Théâtre de l’Atelier

Création le 24 septembre 2026
au Théâtre de l’Atelier
Reprise en juillet 2027
au Théâtre des Halles – Avignon

La compagnie est conventionnée par la DRAC-Ile de France.

PARTENARIAT
AUTOUR DU SPECTACLE
Note d'intention

« Écoutez-moi, je vous en supplie ».
Ainsi se terminait L’Amante anglaise de Marguerite Duras. Ce spectacle a marqué une nouvelle étape dans ma façon de travailler et signé une rencontre importante avec Sandrine Bonnaire. Avec elle, j’ai eu envie d’aller plus loin dans l’exploration d’un texte de femme.
4.48 Psychose s’est imposé comme une évidence. Comme dans L’Amante anglaise, il s’agit de mettre à nu une âme qui se débat. Comme L’Amante anglaise, 4.48 Psychose – écrit sans didascalie ni indication de personnages – interroge l’essence du théâtre, explore ce qu’il pourrait être, repoussant les limites des traditions, créant une nouvelle forme à force de chercher la vérité. Le cri qui déchirait L’Amante anglaise « Écoutez-moi » déchire 4.48 Psychose.
Je vois 4.48 Psychose comme un affrontement entre une volonté et un empêchement d’exister. La pièce est comme une prière que personne ne comprend, peut-être pas même celui ou celle qui en prononce les mots. Une personne (ou une voix ou des voix) parle face à une assemblée qui écoute sans arriver à entendre, à comprendre. Composé presque comme un poème sans indication scénique ni personnage, le texte est fait de voix, peut-être sont-elles multiples, peut-être en est-ce une seule. On a pu monter la pièce avec plusieurs comédiens ou un.e seul.e. Pour moi, il s’agit, d’une « symphonie solo », pour reprendre une expression du texte, qui sera incarnée par la seule Sandrine Bonnaire, passeuse de ces multiples voix enfermées dans une tête, avançant jusqu’à l’amenuisement des mots et la disparition qui viendra à 4h48. Une autre voix, l’interroge, vraisemblablement celle d’un.e médecin, de quelqu’un dont elle aurait voulu être proche et par qui elle se sent trahie. Cette voix pourrait n’être qu’une image sans incarnation physique sur scène renforçant  ainsi cette sensation de voix multiples
« Ils m’aimeront pour ce qui me détruit » est-il dit dans 4.48 Psychose. Sarah Kane a marqué le théâtre des années 1990, sa première pièce Anéantis frappant comme un coup de poing le paysage théâtral en 1995. Je suis de la génération qui a vu débouler Sarah Kane sur la scène théâtrale, un vent de renouveau, un scandale au sens étymologique, une mélancolie aussi, la mort qui vient vite. Un météore. Des détracteurs, les pour, les contre. En 1999, Kane se suicidait. 4.48 Psychose, jouée après sa mort, est alors apparue comme son testament. Je trouve intéressant de réexplorer son écriture vingt-cinq ans après, de voir ce que l’œuvre est devenue tout en ayant le privilège d’avoir connu l’époque de sa genèse.
La nouvelle traduction de Vanasay Khamphommala permet de redécouvrir le texte. C’est le privilège de la traduction. Le même texte mais autrement. Ni tout à fait le même ni tout à fait un autre. Une nouvelle traduction pour un œil neuf. Avec le recul des années, la pièce peut aujourd’hui être regardée comme ce qu’elle est : un grand texte, existant indépendamment de l’histoire de son autrice même si plus qu’avec d’autres auteurs, la tentation est grande de vouloir percer le mystère Kane, de chercher qui elle était au travers de ses textes, comme si sa personnalité était si forte que l’envie de la connaître, de la comprendre subsistait au-delà de la mort. 4.48 Psychose est le récit d’une personne qui lutte pour exister, un combat pour la vie.
En la mettant en scène aujourd’hui dans la nouvelle traduction de Vanasay Khamphommala, il s’agit aussi d’affirmer la place de Sarah Kane comme une autrice appartenant désormais au répertoire.
Sarah Kane me fait énormément penser à Georg Büchner, écrivain qui m’accompagne depuis toujours et dont j’ai mis en scène tous les textes à l’exception de La Mort de Danton, auteur dont elle avait elle-même mis en scène le Woyzeck. Il y a chez eux la même inadéquation au monde, la même façon d’être mort trop tôt, laissant le public en attente d’une œuvre grandiose à venir, le même rapport au langage, une façon de donner aux mots une valeur inusitée. Woyzeck ne sait pas manier les mots, en emploie peu mais chaque mot qu’il prononce possède un poids particulier, une force que les autres ne comprennent pas. Comme lui, la voix de 4.48 Psychose donne aux mots un sens plus fort que celui que leur donne le commun des mortels. Au cœur des deux œuvres, la folie. Ici, j’ai envie de l’explorer pour de vrai, de l’affronter. Il s’agira d’examiner le concret de l’enfermement, de la psychose. 4.48 Psychose n’est pas un poème mais une œuvre de théâtre. Il s’agit d’incarner la folie, d’échapper à la tentation du « poème dit » tout comme à celle de mimer à l’excès la folie. Les sources de 4.48 Psychose sont nombreuses. On a beaucoup cité Terre vaine de T.S Eliot. Sur la table de chevet de Sarah Kane, au moment de sa mort, d’autres livres : Le fauteuil d’argent de CS Lewis, Les Souffrances du jeunes Werther ainsi que des témoignages: Malignant Sadness, the anatomy of depression de Lewis Wolpert et La Nation Prozac d’Elizabeth Wurtzel, décrit comme les « memoir of a gifted woman’s breakdown ». Toutes ces sources soulignent le fait que loin de n’être qu’une « lettre de suicide de 75 minutes » comme l’avait dit un critique lors de la création, 4.48 Psychose est une vraie œuvre d’écriture. Une écriture à explorer. Une écriture éminemment théâtrale.
« À l’extrême fil du coupant de l’arête, à la dernière et plus extrême tranche de la mesure pariétale de son effort. Paroi après paroi, l’acteur développe, il étale ou referme des murs, des faces passionnelles et suranimées de surfaces où s’inscrit l’ire de la vie » disait Artaud de qui Kane, après l’avoir ignoré dans un premier temps, s’est découvert étonnamment proche dès qu’elle l’a lu (Antonin Artaud, « aliéner l’acteur » paru dans l’arbalète).
« La dépression, c’est de la colère » est-il dit dans 4.48 Psychose… Explorer la folie, explorer la colère, explorer ce qu’est le jeu théâtral avec une comédienne de la trempe de Sandrine Bonnaire, tel sera l’enjeu.
Jacques Osinski

DISTRIBUTION
Sarah Kane
Autrice

Née en 1971 à Brentwood, Sarah Kane provoqua un immense scandale théâtral lors de la création de sa première pièce, Anéantis, au Royal Court à Londres.
Celle en qui Edward Bond voyait la plus importante autrice du New British Theatre s’est donné la mort le 20 février 1999.
Elle est l’auteure de cinq pièces, toutes publiées à L’Arche, Anéantis, L’Amour de Phèdre, Purifiés, Manque et 4.48 Psychose ainsi que du scénario inédit de court-métrage, Skin, réalisé par Vincent O’Connell en 1995.

Vanasay Khamphommala
Traductrice

Vanasay Khamphommala (ວັນນະໄຊ ຄຳພົມມາລາ) est dramaturge, performeuse, autrice, et traductrice. Elle se forme d’abord au chant, puis en études anglophones et théâtrales (École normale supérieure, Harvard, Oxford) et comme comédienne. Depuis 2018, elle crée des performances, parmi lesquelles L’Invocation à la muse (Festival d’Avignon 2018 dans le cadre de Sujet à vif), Écho, ou ສຽງຂອງຍ່າ (La Voix de ma grand-mère). En 2026-2027, elle est pensionnaire à la Villa Médicis pour un projet autour du mythe de Ganymède.

Jacques Osinski
Mise en scène

Formé à l’Institut nomade de la mise en scène, Jacques Osinski fait ses débuts en mettant en scène La Faim de Knut Hamsun en 1995. Suivront entre autres, L’Ombre de Mart de Stig Dagerman (2002), Le Songe de Strindberg (2006) ; L’Usine de Magnus Dahlström (Théâtre du Rond-Point, 2007). Dès 2006, il aborde l’opéra et met en scène Didon et Enée de Purcell sous la direction musicale de Kenneth Weiss au Festival d’Aix-en-Provence. Son parcours se nourrira dès lors d’une alternance entre théâtre et musique. Parmi ses mises en scène, on peut ainsi citer, au théâtre : Woyzeck de Georg Büchner (MC2 : Grenoble, TNS, 2009), Orage de Strindberg, Medealand de Sara Stridsberg, L’Avare de Molière, Lenz de Georg Büchner (Théâtre Nanterre-Amandiers). En 2017, avec Cap au pire, il entame un cycle autour de l’oeuvre de Samuel Beckett. Suivront, toujours avec le comédien Denis Lavant La dernière bande et L’Image (Athénée, Théâtre des Halles, Châteauvallon-Liberté) puis Fin de partie au Théâtre des Halles (Avignon) et au Théâtre de l’Atelier suivi d’une longue tournée. Le spectacle reçoit le prix Laurent Terzieff du meilleur spectacle dans un Théâtre privé et le Molière du meilleur comédien pour Denis Lavant. Dans le domaine musical : Histoire du soldat, direction musicale Marc Minkowski, chorégraphie Jean-Claude Gallotta (MC2 :Grenoble, Opéra Comique, 2012), Tancredi de Rossini (Théâtre des Champs-Elysées, direction musicale Enrique Mazzola), Lohengrin de Salvatore Sciarrino (direction musicale Maxime Pascal) et dernièrement Into the little hill de George Benjamin et Martin Crimp, (2018, Athénée-Théâtre Louis Jouvet-Opéra de Lille), Words and music de Samuel Beckett, musique de Pedro Garcia Velasquez, Les sept péchés capitaux (2021) sous la direction musicale Benjamin Lévy, Cosmos de Fernando Fiszbein (B !ME, Théâtre de l’Atelier), Violet de Tom Coult sous la direction de Bianca Chillemi (Festival Bruit-Théâtre de l’Aquarium, Scène de recherche ENS-Paris Saclay, reprise en 2024 au Théâtre de l’Atelier), L’Homme qui aimait les chiens (livret d’Agnès Jaoui, musique de Fernando Fiszbein, 2026, Théâtre de Caen)… En octobre 2024, il met en scène L’Amante anglaise de Marguerite Duras au Théâtre de l’Atelier avec Sandrine Bonnaire, Frédéric Leidgens et Grégoire Oestermann. En 2025, il clôt son cycle Beckett avec En attendant Godot avec Denis Lavant, Jacques Bonnaffé, Aurélien Recoing et Jean-François Lapalus (Théâtre des Halles-Avignon, Théâtre de l’Atelier, tournée).
De 2008 à 2013, Jacques Osinski a dirigé le Centre dramatique national des Alpes. Il a reçu le prix Gabriel Dussurget en 2007 au Festival d’Aix-en-Provence.
Il reçoit le prix Laurent Terzieff du Syndicat de la critique 2026 du meilleur spectacle dans un théâtre privé pour En attendant Godot de Samuel Beckett.

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