DE ANNIE ERNAUX

L’ÉVÉNEMENT

Mise en scène et interprétation MARIANNE BASLER

Dates

Du 13 fév. au 27 mars

Mar. et merc. à 19h

DURÉE

1h

TARIFS

À partir de 15 €

Création Atelier

L’ÉVÉNEMENT

Sous le prisme de sa propre histoire, Annie Ernaux (Prix Nobel de Littérature 2022) retrace le parcours bouleversant d’une jeune femme qui, contrainte de dissimuler sa grossesse, l’avortement étant alors interdit, se lance dans la quête désespérée d’une “faiseuse d’anges”.

À l’heure où ce droit fondamental est reconsidéré dans de nombreux pays, Marianne Basler donne la voix à ce texte essentiel dans une adaptation poignante et organique.

DISTRIBUTION

De Annie Ernaux
© Éditions Gallimard

Mise en scène et interprétation Marianne Basler
Collaboration artistique Jean-Philippe Puymartin
Création lumière Robin Laporte
Voix et sons Célestine de Williencourt
Mixage Thomas Cordero

Photographie © Mathilde Marc

PRODUCTION

Production Théâtre de l’Atelier

Avec le soutien du Théâtre du Grenier à Bougival

Remerciements Sophie Sutour et à son équipe du Théâtre de Bougival, Patrice Bertoncini et Lily Kargar, Claude Faber de la librairie Oxymore à Port-Vendres

PARTENARIAT

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AUTOUR DU SPECTACLE
Note d'intention

Dans L’Événement publié en 2000 à l’âge de soixante ans, Annie Ernaux relate trois mois de sa vie, en 1963, alors qu’elle a vingt-trois ans et vit dans une résidence étudiante à Rouen.

Après une visite médicale, elle apprend qu’elle est enceinte. L’avortement est interdit en France à cette époque. Aucun médecin ne peut légalement mettre fin à cette grossesse. Son chemin sera solitaire. Elle n’aura d’autre choix que d’aller voir, au péril de sa vie, et sans rien dire à ses proches, une faiseuse d’anges.

La lecture publique de ce texte, l’été dernier, m’a permis de réaliser les passions et la richesse des dialogues qu’il suscite avec les spectateurs. J’ai été impressionnée par la multiplicité des récits d’expériences vécues par des femmes et des hommes dans leur histoire familiale. Cela m’a décidé à partager ce témoignage et à le porter à la scène simplement.

Alors que dans de nombreux pays, le droit à l’avortement est remis en question, que les droits des femmes sont bafoués, et qu’il y a moins d’un an en France, une proposition de loi constitutionnelle visant à protéger et à garantir le droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse a été rejetée, je trouve essentiel de prolonger l’écriture d’Annie Ernaux, en transmettant au théâtre ce récit d’un avortement clandestin dans toute sa violence et sa crudité.

Au moment où je représenterai ce texte sur la scène du Théâtre de l’Atelier, cette loi aura fort probablement été inscrite dans la constitution. Et dans L’événement, Annie Ernaux nous dit : « Que la forme sous laquelle j’ai vécu cette expérience de l’avortement _la clandestinité_ relève d’une histoire, révolue, ne me semble pas un motif valable pour la laisser enfouie – même si le paradoxe d’une loi juste, est presque toujours d’obliger les anciennes victimes à se taire, au nom de « c’est fini tout ça », si bien que le même silence qu’avant recouvre ce qui a eu lieu. C’est justement parce que aucune interdiction ne pèse plus sur l’avortement que je peuxaffronter, dans sa réalité, cet événement , inoubliable. […] D’avoir vécu une chose, quelle qu’elle soit, donne le droit imprescriptible de l’écrire. »

Mon souhait est de faire entendre ce texte à nouveau pour rappeler à chacun la fragilité des acquis, et permettre le dialogue.

Parce que le ventre des femmes ne peut être le réceptacle d’une vie non choisie, non désirée ou non décidée.

Et que donner la vie doit rester un choix pris en toute liberté.

Marianne Basler

La presse en parle

« En 2000, la prix Nobel de littérature publiait le récit de son avortement, pratiqué en 1963. Un cri de colère incarné brillamment par la comédienne dans un seule en scène au Théâtre de l’Atelier. »,  L’HUMANITÉ

« La comédienne a voulu adapter pour le théâtre un texte déjà porté au cinéma par Audrey Diwan (2021), mais auquel sa présence sculpturale, son jeu épuré jusqu’au silence – ou au cri empêché – apporte force, intensité, brûlure. Il faut avoir du courage pour endosser, droite sur le plateau, face public, et avec un ton monocorde, le froid et sidérant témoignage d’Annie Ernaux. [..] Sur le plateau, Marianne Basler a le regard impérial. Ni dans la colère, ni dans le pathos. Juste femme. Comme il faut qu’existent les femmes. », TTT TÉLÉRAMA

« La comédienne ressemble trait pour trait (c’en est d’ailleurs troublant) à Ernaux jeune : même silhouette, même allure, même port de tête. […] Le jeu serré de Marianne Basler décuple la force de frappe du texte. […] Proposer au Théâtre de l’Atelier, alors que, mercredi 28 février, le Sénat doit examiner le projet de loin visant à inscrire dans la Constitution du 1958 la liberté des femmes à recourir à l’IVG, ce spectacle est de ce qu’il faut aller voir. Sans hésiter. Quitte à en partir la tête à l’envers et le coeur retourné. » LE MONDE

« Visage grave, voix ferme, articulation précise, soutenue par des micros qui donnent du relief à l’espace, l’interprète est saisissante. » LA TRIBUNE DU DIMANCHE

« Comment interpréter et mettre en scène un tel récit, véritable journal intime et quotidien, revivifié par les sensations, les émotions et les remarques de l’auteur quarante ans après ? Comme incarner cette parole crue, raisonnée, dérangeante, cruelle, à la fois subjective et objective, qui scrute le dedans d’une jeune femme en même temps que le dehors social ? Marianne Basler, avec la collaboration de Jean-Philippe Puymartin, réussit cet exploit avec une sobriété exceptionnelle. […] La manière dont elle incarne ces mots, d’une dureté et d’une violence parfois difficilement soutenables, est tout à fait remarquable, et répond parfaitement au projet d’Annie Ernaux. » ARTISTIK REZO

« Marianne Basler donne voix à ce texte, en assurant aussi la mise en scène. Nécessaire et bouleversant. », MADAME LE FIGARO

« Cette adaptation théâtrale, par sa force évocatrice et son interprétation magistrale, marque les esprits et rappelle l’importance du théâtre comme lieu de dialogue et de prise de conscience collective. »,FOUD’ART

« Forte du soutien d’Annie Ernaux, Marianne Basler met en scène ce texte fondamental dans un décor sobre – une table et une chaise – et livre une interprétation poignante. Dans un monologue à la gravité palpable, Marianne Basler nous replonge dans une période charnière de l’histoire. », LA DÉFERLANTE

DISTRIBUTION
ANNIE ERNAUX
Autrice

Annie Ernaux, née Duchesne, a grandi en Normandie – à Lillebonne où elle est née en 1940. Annie Ernaux dans les années 60. Là, elle fera l’expérience de la sexualité et de la vie en collectivité, expérience qu’elle livrera dans Mémoire de fille.

En 1974, elle publie chez Gallimard son premier livre, Les Armoires vides, qui dépeint sous une forme romancée l’avortement clandestin qu’elle a subi en 1964, ainsi que sa trajectoire sociale de ‘transfuge de classe’.

Depuis la parution de son premier livre, Annie Ernaux n’a cessé d’explorer, à travers l’écriture, l’expérience vécue – son expérience, mais aussi celle de sa génération, de ses parents, des femmes, des anonymes et des oublié.e.s, des autres. Son écriture s’oriente sur plusieurs axes, qui se recoupent au fil du temps et des livres: l’expérience du corps et de la sexualité; les relations interpersonnelles (familiales, amoureuses); les trajectoires et inégalités sociales; l’éducation; le temps et la mémoire; et l’écriture, véritable fil conducteur qui relie entre eux ces aspects. Toujours, dans les livres d’Annie Ernaux, les expériences les plus personnelles, voire intimes, sont chargées d’une dimension collective, sociologique, qu’il s’agisse de l’expérience du deuil, de la honte sociale, de la découverte de la sexualité, de la passion amoureuse, d’un avortement clandestin, de la traversée de la maladie, ou de la perception du temps.

Après avoir publié des textes d’inspiration autobiographique, mais présentés comme romans (Les Armoires vides, Ce qu’ils disent ou rien, La Femme gelée), Annie Ernaux, avec La Place, s’est détachée de la fiction pour creuser les possibilités de dire l’expérience et le réel. Ce faisant, elle a travaillé sur des formes narratives qui constituent de nouvelles directions dans l’écriture de soi : ses textes auto-socio-biographiques (La Place, Une femme, La Honte) explorent sa vie, celle de ses parents, et le milieu dans lequel elle a grandi, tandis que l’autobiographie collective Les Années dépeint l’histoire sociale et culturelle de la France, des années 1940 aux années 2000. Ses autres textes incluent des mémoires qui allient récit d’une expérience marquante et réflexion sur l’écriture de cette expérience (Passion simple, L’Événement, L’Occupation, Mémoire de fille, Le Jeune homme); textes qui mêlent autobiographie et photographie (L’Usage de la photo, le photojournal d’Écrire la vie); et lettre à une absente, sa soeur décédée quelques années avant sa naissance (L’Autre fille).

Annie Ernaux a reçu plusieurs prix pour l’ensemble de son oeuvre : le prix de la langue française en 2008 et le prix Marguerite Yourcenar en 2017. Ses textes ont été rassemblés en grande partie dans un Quarto publié en 2011 chez Gallimard (Ernaux est la première femme à être publiée dans cette édition de son vivant). 

En octobre 2022, elle reçoit le Prix Nobel de littérature « pour le courage et l’acuité clinique avec lesquels elle révèle les racines, les éloignements et les contraintes collectives de la mémoire personnelle ».

Sources : https://www.annie-ernaux.org/fr/

MARIANNE BASLER
Comédienne

Après une vingtaine de spectacles à Bruxelles où elle a grandi, Marianne Basler prend la direction de Paris et partage sa carrière entre le théâtre, le cinéma et la télévision.

Au cinéma, elle a travaillé notamment avec des réalisateurs comme Jean-Pierre Mocky, Woody Allen, Jalil Lespert, Jacques Rivette, Christian Petzold, Brigitte Rouän, Marion Hänsel, Claude Goretta ou encore Jean-Pierre Ameris.

Elle était en 2019 dans le film de Mickael Hers, Amanda. Elle a été nominée en 1984 aux César du

« Meilleur Espoir Féminin » pour Rosa la rose, fille publique de Paul Vecchiali avec qui elle a tourné le premier rôle d’Un soupçon d’amour, film sorti en 2021.

Au théâtre, elle a joué sous la direction de Jacques Lassalle qui l’a dirigée dans une dizaine de pièces dont Le Misanthrope qui lui a valu le Prix de la Critique pour son rôle de Célimène.

Ses collaborations artistiques sont nombreuses avec notamment Jean-Louis Martinelli, Brigitte Jacques, Niels Arestrup, Gérard Desarthe, Laurent Fréchuret ou encore David Leveaux qui a mis en scène Trahisons d’Harold Pinter au Théâtre de l’Atelier en 2000.

Elle a eu l’occasion de jouer dans de grands classiques comme Andromaque, Le Misanthrope, Le Roi Lear, Le Cid

Au Festival d’Avignon 2021, elle présente avec succès un seul en scène qu’elle a elle-même adapté du texte L’Autre Fille d’Annie Ernaux.

Ses distinctions sont nombreuses : Lauréate du Prix Suzanne Bianchetti SACD en 1988, elle est nommée aux Molières dans la catégorie « Meilleure comédienne » pour son rôle dans Trahisons d’Harold Pinter au Théâtre de l’Atelier et a été faite Officier des Arts et des Lettres en 2021.

En 2023, elle revient au cinéma dans Jeanne du Barry aux côtés de la réalisatrice et actrice, Maïwenn et vient de tourner aux côtés de Bastien Bouillon dans le film Pompéi de Nathalie Najem.

Elle sera prochainement à l’écran sur Netflix dans la série Anthracite.

Photographie © DR

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