Dates

Du 5 juin au 14 juil.

Du merc. au sam. à 21h (juin) / à 20h (juil.)
Le dimanche à 16h

Exceptionnelles les 11 et 18 juin
Relâches les 20 et 21 juin

DURÉE

2h

TARIFS

À partir de 20 €

THÉÂTRE

FIN DE PARTIE

Couronné du Prix Laurent Terzieff 2023 en qualité de « Meilleur spectacle dans un théâtre privé », Fin de partie revient pour 30 représentations !

Après plusieurs monologues beckettiens en compagnie de Denis Lavant, Jacques Osinski fait un nouveau pari, excitant et effrayant : Fin de partie, la grande pièce de Beckett, sa préférée. Tout à coup, il faut voir les choses en grand.

Sommes-nous sur terre ? Sommes-nous sur l’Arche de Noé après la fin du monde ? Peut-être est-ce déjà le purgatoire …

TARIFS

Cat. 1 : 39€
Cat. 2 : 29€
Cat. 3 : 21€

Tarif – 26ans : 10€ en cat. 2

Inscrit(e) au dispositif Pass Culture mis en place par les ministères de la Culture et de l’Éducation Nationale, vous pouvez également bénéficier d’un tarif à 10€ en cat.1 ou cat.2.  

Tarif Voisins (75018 et 75009) : 25€ en cat. 1

Tarif PMR : Des places sont réservées aux personnes à mobilité réduite. Pour bénéficier d’une place en cat. 1 au prix de la cat. 2 (ainsi que la personne qui vous accompagne), merci de contacter la billetterie au 01 46 06 49 24.

Tarif Groupe (+ 10 pers.) | CE : 25€ en cat. 1

Tarif Scolaire : 15€ en cat. 1 ou cat. 2

Pour toute demande de réservation (CE, GROUPE, SCOLAIRES), contactez :

@ c.grillet@theatre-atelier.com

☎ 01 53 41 85 64 

 

 

DISTRIBUTION

De Samuel Beckett
© Éditions de Minuit

Mise en scène Jacques Osinski
Avec Denis Lavant (Clov), Frédéric Leidgens (Hamm)Claudine Delvaux (Nell) et Peter Bonke (Nagg)

Scénographie Yann Chapotel
Lumières Catherine Verheyde
Costumes Hélène Kritikos

Photographie © Pierre Grosbois

PRODUCTION

Production Compagnie L’Aurore Boréale
Coproduction Châteauvallon-Liberté, Scène Nationale et Le Théâtre de l’Atelier

La compagnie L’Aurore Boréale est conventionnée par la DRAC Île-de-France et le Ministère de la Culture.

AUTOUR DU SPECTACLE
Note d'intention

« C’est étrange de se sentir à la fois fort et au bord du gouffre. C’est ce que j’éprouve, et j’ignore laquelle de ces deux impressions est fausse: ni l’une ni l’autre probablement. » (Samuel Beckett, lettre à Pamela Mitchell)

Encore Beckett. Tant qu’il reste en lui des choses que je ne comprends pas, qui me sont obscures, étrangères, je crois que je peux le mettre en scène. Après Cap au pire. Après la dernière bande. Après L’image et Words and Music, Fin de partie donc : la grande pièce de Beckett, sa préférée, celle qu’on n’ose pas aborder sans un certain bagage. Plus aboutie que Godot, moins rabâchée aussi peut- être. Se dire je vais monter Fin de partie, c’est un peu comme se dire je vais monter Hamlet: Excitant et effrayant. Les métaphores maritimes abondent chez Beckett, l’Irlandais. Et j’ai en abordant Fin de partie, le sentiment d’accoster sur une île après avoir longtemps voyagé, avec mes précédentes mises en scène, sur une mer déconcertante, tantôt calme tantôt en furie.

J’ai fait le voyage à l’envers commençant par l’un des derniers textes Cap au pire pour arriver à Fin de partie, que Beckett écrivit juste avant la Dernière bande. Après des années d’errance, Beckett est devenu un écrivain reconnu. Molloy a été publié. En attendant Godot a connu un succès international.

Aborder Fin de partie, c’est me poser la question du théâtre, retrouver le théâtre, après m’être centré sur les mots et la musicalité : Tout à coup, il faut voir les choses en grand. Quatre comédiens sur scène et un décor. Je retrouve l’excitation d’une première fois, la magie enfantine des trois coups et du théâtre de Guignol. Il y a de cela dans le début de Fin de partie : Clov tirant les rideaux et soulevant les draps qui recouvrent Hamm et les poubelles de Nell et Nagg. C’est comme un petit théâtre, une scène qui tous les soirs commence et tous les soirs se termine, indéfiniment.

Je n’ai pas envie d’exégèse et d’interprétations. Juste le plaisir des gestes et des mots. Regarder Denis Lavant et Frédéric Leidgens (il faut de grands acteurs pour jouer Beckett), Clov et Hamm, le fils adoptif et le père ou le maître et le domestique (On a pu dire que l’un incarnait le corps quand l’autre était l’âme, que l’un était James Joyce quand l’autre était Beckett, mais cela importe-t- il ?).

Clov, bouge tout le temps et parle peu. Hamm est immobile et volubile. L’un est aveugle et paralytique, l’autre boiteux. Clov prend soin de Hamm. Hamm a autrefois pris soin de Clov. À moins que ce ne soit l’inverse. Ils passent leur temps à se chercher sans se trouver. Ils ne peuvent se détacher l’un de l’autre.

La plus grande peur du tyrannique Hamm est que Clov le quitte. Clov exécute les ordres, parle de partir sans qu’on sache s’il passera à l’acte. On ne sait pas ce que pense Clov. Clov est une tombe. Avec eux, vivent, chacun dans une poubelle, Nagg et Nell, les parents de Hamm. Ils sont à la fin de leur vie mais pas encore morts. Parfois ils parlent et ce qu’ils ont à dire est beau et d’une tristesse infinie : « Qui appelais-tu, quand tu étais tout petit et avais peur, dans la nuit ? Ta mère? Non. Moi. On te laissait crier. Puis on t’éloigna, pour pouvoir dormir. (Un temps.) Je dormais, j’étais comme un roi, et tu m’as fait réveiller pour que je t’écoute. Ce n’était pas indispensable, tu n’avais pas vraiment besoin que je t’écoute. D’ailleurs je ne t’ai pas écouté. (Un temps). J’espère que le jour viendra où tu auras vraiment besoin que je t’écoute, et besoin d’entendre ma voix, une voix. (Un temps.) Oui, j’espère que je vivrai jusque-là, pour t’entendre m’appeler comme lorsque tu étais tout petit, et avais peur, dans la nuit, et que j’étais ton seul espoir. » dit Nagg, autrefois patriarche, désormais réduit à vivre dans une poubelle dont il sort la tête uniquement suivant le bon-vouloir de son fils. Rarement, je crois, une pièce de théâtre n’a aussi lucidement et sobrement exposé les liens d’amour-haine qui lient les membres d’une famille. Strindberg et Ibsen sont dépassés haut-la-main. Clov, Hamm, Nell et Nagg vivent dans un espace indéfini. Un « intérieur » dit Beckett dans sa didascalie, un intérieur doté de deux fenêtres donnant sur l’extérieur. Et c’est sans doute là pour moi, la gageure de ce spectacle : représenter cet espace gris et immatériel et pourtant vivant, bruissant des bruits de la mer qu’on aperçoit par l’une des fenêtres, alors que l’autre donne sur la terre. Dans cet espace, gris (« noir clair » dit Clov !), la grande crainte des personnages est que la lumière les quitte définitivement. Sommes-nous sur Terre? Pas si sûr. Peut-être est-ce déjà le purgatoire, peut-être la maison est-elle sur un îlot, seul endroit encore peuplé après la fin du monde (Beckett est le seul écrivain de ma connaissance qui sache faire de la science-fiction au théâtre). À la lumière d’aujourd’hui, le texte prend une étrange résonance écologique.

Hamm. – La nature nous a oubliés. Clov. – Il n’y a plus de nature.
Hamm. – Plus de nature ! Tu vas fort. Clov. – Dans les environs.

Hamm.- Mais nous respirons, nous
Nous perdons nos cheveux, nos dents! Notre fraîcheur ! Nos idéaux !
Clov. – Alors elle ne nous a pas oubliés.

Peut-être aussi sommes-nous sur un bateau, Clov se sert d’une « lunette » pour regarder au loin, Hamm réclame sa « gaffe », accessoire indispensable à tout marin qui se respecte. Peut- être sommes-nous sur l’Arche de Noé, comme l’évoque James Knowlson, le grand biographe de Beckett : « Sur la terre à moitié engloutie par les eaux, la maison de Hamm est, comme l’Arche, un refuge contre la calamité du dehors ; au lieu de se découvrir bonnes dans les yeux de Dieu, les créatures de ce monde s’aperçoivent que la lumière meurt ; sur cette terre l’herbe ne pousse pas et les graines qu’a semées Clov « ne germeront jamais » ». L’atmosphère fait aussi songer à celle du célèbre poème de Baudelaire Recueillement, maladroi- tement cité par Hamm à la fin de la pièce. « Et, comme un long linceul traînant à l’Orient, / Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche. ». J’aimerais avec les acteurs trouver cette âpre douceur et une lucidité sans amertume. « C’est étrange de se sentir à la fois fort et au bord du gouffre » dit Beckett dans une lettre à la femme qu’il aime au moment où il écrit Fin de partie. C’est cet équilibre entre le gouffre et la force, le sol qui se dérobe et ce qui fait qu’on tient debout qu’il s’agira de trouver. Rythmée par le temps de chaque chose (le temps de se lever, de manger, de prendre son calmant, de raconter une histoire) et le réveil auquel Clov se raccroche comme si c’était la seule chose encore tangible, Fin de partie dit la longue marche du temps. Sa fin et son éternel recommencement. Le texte dit aussi peut-être encore, ce qu’il ne dira plus dans Cap au pire : le plaisir de raconter une histoire et de dire des mots dans un théâtre : « Le souffle qu’on retient et puis… (il expire). Puis parler, vite, des mots, comme l’enfant solitaire qui se met en plusieurs, deux, trois, pour être ensemble, et parler ensemble, dans la nuit. »

Jacques Osinski

La presse en parle

« Le duo mémorable formé par les deux comédiens fait résonner comme jamais la pièce de Samuel Beckett, présentée dans le OFF. » – LE MONDE

« Ils nous font arpenter nos gouffres, affronter nos abîmes, avec une grâce maligne mêlée de philosophie. Rarement on nous aura aussi bien fait entendre un texte si magique. Effroyable et amical. » – TTTT, TÉLÉRAMA

« Une prestation magistrale ! » – LA CROIX

« La pièce dévoile toute la puissance du théâtre de l’absurde ! » – MARIANNE

« C’est assurément la plus intense mise en scène de Jacques Osinski, mettant face à face deux acteurs géniaux : Denis Lavant (Clov) et Frédéric Leidgens (Hamm). Un sommet de sorcellerie théâtrale ! » – MÉDIAPART

« Avec ses comédiens Jacques Osinski propose de s’embarquer vers une destination inconnue et de se laisser porter par cette étrange, quelque part entre terre et mer, pour jubiler ensemble ! » – L’HUMANITÉ

« Fin de Partie, une si belle fin du monde à Avignon. » – LE JOURNAL DU DIMANCHE

« On se souvient de Michel Bouquet et Rufus incarnant Fin de Partie il y a 25 ans sur la scène du Théâtre de l’Atelier. Ce spectacle-là s’annonce aussi à l’Atelier. La filiation est faite (…) grâce à Lavant et Leidgens, le public a ri tout au long de la pièce. Ils ont fini par être ovationnés ! » – TRANSFUGE

DISTRIBUTION
JACQUES OSINSKI
Metteur en scène

Formé à l’Institut nomade de la mise en scène, Jacques Osinski fait ses débuts en mettant en scène La Faim de Knut Hamsun en 1995. Suivront entre autres, L’Ombre de Mart de Stig Dagerman (2002), Le Songe de Strindberg (2006) ; L’Usine de Magnus Dahlström (Théâtre du Rond-Point, 2007). Dès 2006, il aborde l’opéra et met  en scène Didon et Enée de Purcell sous la direction musicale de Kenneth Weiss au Festival d’Aix-en-Provence.

Son parcours se nourrira dès lors d’une alternance entre théâtre et musique. Parmi ses mises en scène, on peut ainsi citer, au théâtre  : Woyzeck de Georg Büchner (MC2 :Grenoble, TNS, 2009), Orage de Strindberg, Medealand de Sara Stridsberg, L’Avare de Molière,  Lenz de Georg Büchner (Théâtre Nanterre-Amandiers).

En 2017, avec Cap au pire, il entame un cycle autour de l’œuvre de Samuel Beckett. Suivront, toujours avec le comédien Denis Lavant  La dernière bande et L’Image (Athénée, Théâtre des Halles, Châteauvallon-Liberté…). Dans le domaine musical : Histoire du soldat, direction musicale Marc Minkowski, chorégraphie Jean-Claude Gallotta (MC2 :Grenoble, Opéra Comique, 2012), Tancredi de Rossini (Théâtre des Champs-Elysées, direction musicale Enrique Mazzola), Lohengrin de Salvatore Sciarrino (direction musicale Maxime Pascal) et dernièrement Into the little hill de George Benjamin et Martin Crimp, (2018, Athénée-Théâtre Louis Jouvet-Opéra de Lille), Words and music de Samuel Beckett, musique de Pedro Garcia Velasquez, Les sept péchés capitaux (2021) sous la direction musicale Benjamin Lévy, Cosmos de Fernando Fiszbein (B !ME, Théâtre de l’Atelier), Violet de Tom Coult sous la direction de Bianca Chillemi (Festival Bruit-Théâtre de l’Aquarium, Scène de recherche ENS-Paris Saclay)…

En juillet 2022, il met en scène Fin de partie de Samuel Beckett au Théâtre des Halles (Avignon) et au Théâtre de l’Atelier. Le spectacle reçoit le prix Laurent Terzieff du Meilleur spectacle dans un Théâtre privé.

De 2008 à 2013, Jacques Osinski a dirigé le Centre dramatique national des Alpes.

Il a reçu le prix Gabriel Dussurget en 2007 au Festival d’Aix-en-Provence.

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