Le monde de la culture descend dans la rue

Déc 15, 2020

Le monde de la culture descend dans la rue

Les professionnels du secteur organisent plusieurs rassemblements dans toute la France pour dénoncer la «politique du yoyo du gouvernement». La manifestation parisienne partira à midi de la place de la Bastille.

 

Après les restaurateurs et hôteliers, c’est au tour des professionnels du monde la culture de descendre dans la rue. Ce mardi 15 décembre, leurs syndicats organisent plusieurs rassemblements dans toute la France pour dénoncer une «mise àmort» de leur secteur suite à la décision du gouvernement de prolonger la fermeture des théâtres, salles de spectacle, cinémas, musées ou encore tribunes de stade, jusqu’au 7 janvier prochain.
Des manifestations sont prévues dans une quinzaine de villes, de Brest à Nice en passant par Strasbourg et Bordeaux. À Paris, le rendez-vous a été fixé à midi, Place de la Bastille, par la CGT Spectacle, qui appelle les salariés du secteur à dénoncer la «politique du yoyo du gouvernement» et à réclamer la réouverture de tous les lieux culturels. Un autre rassemblement est prévu à 18h30 devant le Théâtre de l’Atelier à Montmartre, à l’initiative des acteurs Jacques Weber, Audrey Bonnet et François Morel. «Nous ne sommes pas des rebelles. Nous ne sommes pas des révolutionnaires. Nous ne sommes pas des agitateurs. Nous ne sommes pas fous, nous ne sommes pas inconscients», indique un communiqué du théâtre, dénonçant «un profond mépris à l’égard du secteur culturel et artistique tant nous atteignons une apogée en matière d’incohérence».

Recours devant le Conseil d’État
Le gouvernement justifie sa décision de maintenir les lieux culturels fermés par le fait «d’éviter d’accroître les flux, les concentrations, les brassages de public», alors que l’épidémie semble regagner du terrain. Mais syndicats et artistes ne partagent pas cet avis. En plus de la rue, ces derniers ont décidé de mener le combat sur le terrain judiciaire en saisissant le Conseil d’État, via un «référé liberté». Une procédure d’urgence déjà réalisée ces dernières semaines par les professionnels de la restauration, ou bien le secteur du ski.

Ce recours a déjà été relayé par près de 500 structures dont la Fédération des théâtres indépendants d’Avignon, Syndeac (le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles), la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques), ou encore le Profedim (Syndicat professionnel des producteurs, festivals, ensembles, diffuseurs indépendants de musique).
Et les salles obscures ne sont pas en reste : la Fédération nationale des cinémas français (FNCF) a décidé de préparer son propre recours, en parallèle, auquel devraient se joindre d’autres professionnels du 7e art. Elle espère être reçue rapidement par le ministère. En attendant, les gérants de salles de cinéma sont appelés à rallumer symboliquement leurs enseignes entre 17h00 et 18h00, «en signe de protestation», explique le délégué général de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF), Marc-Olivier Sebbag. «On a l’impression que les lieux culturels sont fermés pour rien, alors que les centres commerciaux, eux, sont ouverts et bondés. Les Français ont besoin de se divertir, et pas seulement devant la télé. Ce gouvernement veut que les gens pètent un
câble !», résume Nicolas Rihet, patron du distributeur indépendant, Alba Films.

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